Human Enhancement

Depuis longtemps déjà, l'ASSM se préoccupe des questions liées aux interventions médicales dont le but n'est pas de soigner une maladie, mais de modifier ou d'améliorer des caractéristiques non-pathologiques («Human Enhancement»). Le 21 novembre 2007, elle avait organisé un forum à ce sujet où toute une série de thèmes ont été abordés, depuis le "Neuroenhancement" jusqu'au doping dans le sport. L'activité du médecin et le champ d'application de la médecine se situent traditionnellement dans le traitement de maladies, c'est pourquoi la pratique de la médecine méliorative soulève un certain nombre de questions éthiques. D'une part, il s'agit de questions relevant de l'éthique individuelle qui concernent la relation médecin-patient (par ex. la pesée des risques et de l'utilité, le respect de l'autodétermination) mais d'autre part également d'aspects d'éthique sociale (relatifs aux buts de la médecine, à l'accès aux prestations "médicales" etc.).

En 2008, les Académies Suisses des Sciences ont fait de ce thème un projet prioritaire et constitué un groupe de travail dirigé par la Prof. Nikola Biller-Andorno. Ce groupe de travail est chargé de présenter un rapport concernant les questions éthiques soulevées par l'«Human Enhancement» ou «médecine méliorative» et d'élaborer des recommandations à ce sujet. Il doit notamment définir les points suivants:
  • Les objectifs de la médecine: La médecine méliorative fait-elle partie des attributions de la médecine et si oui, quelles sont ses conséquences sur les objectifs de la médecine? N. Biller-Andorno: Dans la perspective de l'enhancement, la médecine doit-elle être le "gardien du Graal", un "arbitre" ou bien un "réalisateur de rêves"?
  • Définitions et concepts des notions de santé et de maladie: Dans quelle mesure une délimitation entre la médecine thérapeutique et la médecine méliorative resp. la prévention et la médecine méliorative est-elle possible (conséquences sur le catalogue de prestations de l'assurance de base)?
  • Prise en charge médicale / Equité: Il existe d'ores et déjà des problèmes pour accéder aux soins dans les domaines de la psychiatrie, de la réhabilitation et de la prise en charge de longue durée des malades chroniques (cf. le rapport sur le rationnement). Ceux-ci sont susceptibles de s'aggraver si les professions sanitaires émigrent vers le marché de la santé. Des mesures doivent-elles être prises dans ce domaine?
Le groupe de travail coordonne ses activités avec le Centre d'évaluation des choix technologiques (TA Swiss) et la Commission Nationale d'Ethique (CNE) qui gèrent également des projets en relation avec l'«Human Enhancement».

Composition du groupe de travail
Prof. Nikola Biller-Andorno, Zurich (Présidente)
Prof. Anne-Françoise Allaz, Genève
Dr Gaia Barazetti, Lausanne
lic. ès lettres Nadja Birbaumer, Berne (ASSH)
Susanne Brauer, PhD, Berne (ZEK)
Prof. Jürg Kesselring, Valens
PD Dr Iris Ritzmann, Zurich
Dr S. Romagnoli, Lausanne
Dr Adrian Rüegsegger, Berne (TA-Swiss)
lic. iur. MAE Michelle Salathé (SAMW), Bâle
Dr des Jean-Daniel Strub, Berne (CNE)
PD Dr. Elisabeth Zemp Stutz, Bâle
Dr Markus Zimmermann-Acklin, Fribourg
Howald Fosco | [tm]